Très très grande surprise: voilà de la fort belle musique symphonique du XXe siècle, qu'on a envie de découvrir et de réécouter.Uuno Klami (1900-1961) a un style propre assez difficile à décrire. Une chose est sûre; ce n'est pas un simili-Sibelius. On a véritablement l'impression d'une "éponge musicale" qui crée un univers dans lequel on rencontre aussi bien Sibelius, Debussy, Janacek, Respighi et quelques autres.
Lumières du Nord débute sur un miroitement, se développe avec des coups de vent sibéliens, pour aboutir (vers 15 minutes) à un traitement respighien. Klami est en tous cas un orchestrateur fort habile. À ce titre, la Fantaisie pour violoncelle de 13 minutes est un petit bijou. Dans le développement du Lento initial on s'amusera à repérer le balancement rythmique hérité de la seconde partie du Sacre du printemps. Aucune copie; juste une judicieuse réminiscence en filigrane; un clin d'oeil.
La Suite Kalevala - 33 minutes - est l'oeuvre la plus nourrissante, par la variété des repères suggérés au détour d'une phrase ou d'un tableau. Il y a une attention, une finesse d'orchestration toute ravélienne, mais sur laquelle se greffe un langage plus frémissant, plus imagé, plus post-romatique. Sans doute Klami est-il le plus Français des compositeurs nordiques.
Le fait que le plaisir et l'intérêt s'accroissent à chaque écoute, grâce aussi à la finesse de l'orchestre et l'implication du chef, a largement concouru à l'attribution de la note maximale.