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EPILOGUE
FRANZ SCHUBERT
Quintette D. 956
FELIX MENDELSSOHN
Quatuor op. 80

Matt Haimovitz (violoncelle II)

Quatuor Miró


Oxingale Records- ATM CD 1499(CD)
Référence: D. 956: Juilliard (version DDD; Sony)

rating

Oxingale Records semble être une branche d'Artemis Classics, la société qui a repris la distribution des catalogues Vanguard. Le disque édité ici risque fort de passer inaperçu, car le titre "Epilogue" et la photo sépia d'instrumentistes marchant sur une voie ferrée, laissent augurer d'un quelconque produit de crossover, ressemblant d'ailleurs à la couverture du pitoyable CD de l'immondissime Quartetto Gelato, qui, outre-Atlantique fait se pâmer les plus décérébrés des journaleux récemment piqués de culturel.

Derrière le titre "Epilogue" et derrière une photo décalée se cache en fait un trésor, 78 minutes des musiques parmi les plus intenses de la littérature chambriste du 19e siècle: les ultimes paroles (d'où le titre) de Mendelssohn et Schubert dans des interprétations qui laissent coi.

Le Quatuor Miró s'est déjà fait remarquer, notamment dans Black Angels de Crumb. La netteté des traits, une expression intransigeante mais sans dureté, une technique superlative et une musicalité mordante mais sans ostentation, font mouche dans Mendelssohn et Schubert, aussi bien que comme dans Crumb. Dès les premières paroles de l'Opus 80 de Mendelssohn tout est dit: cette hargne, cette force (mais jamais surjouée façon Hagen) touchent le cœur de l'œuvre. Dans l'Adagio, les Miró atteignent les cimes mais avec des atouts très différents que ceux d'autres quatuors américains comme les Emerson: la force de persuasion n'est pas tant dans un extraordinaire velouté sonore que dans une rigueur qui fait un peu penser au style de direction d'un Michael Gielen. Tout comme le violoniste Ilya Gringolts, les Miró ne cherchent surtout pas à plaire. Ils cherchent à convaincre, en embrassant la musique.

La recette s'applique aussi bien au Quintette de Schubert, dans lequel Matt Haimovitz apporte un poids et un mordant que l'on n'a pas l'habitude d'entendre de la part d'un 2e violoncelliste. Le contraste extrême entre les thèmes du 1er mouvement n'est jamais mièvre, les pulsations de violoncelle battent comme un cœur dans le développement. Malgré la force et la puissance, il y a dans cette démarche ni violence, ni, a contrario, recherche d'un quelconque moelleux sonore confortable. L'ensemble se construit, inéluctable, inébranlable, avec une virtuosité impressionnante.

C'est une immense surprise, bien cachée, que ce couplage lumineux dans des interprétations qui ne le sont pas moins.

--Christophe Huss

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