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JOHANNES BRAHMS
Concerto pour violon et orchestre
JEAN SIBELIUS
Concerto pour violon et orchestre

Nathan Milstein (violon); Bronislaw Gimpel (violon)

Orchestre du Festival de Lucerne
Orchestre philharmonique de Berlin

Herbert von Karajan (Brahms)
Eugen Jochum (Sibelius)

Tahra- TAH 692(CD)
Référence: Milstein-Steinberg (EMI)

rating

Le Violon en fête: le titre n'est pas usurpé et les affiches sont majeures. Nathan Milstein est sans conteste mon violoniste de prédilection, toutes époques confondues. Il est donc évident que l'affiche l'associant avec Herbert von Karajan au Festival de Lucerne 1957 m'est pour le moins alléchante.

On ne peut s'empêcher d'avoir comme première réflexion: "Mais qu'est ce que Milsten fout avec Karajan?". Le violoniste ardent et le chef esthète, cela ne colle pas a priori. À l'écoute on se dit que si Milstein a enregistré Brahms chez EMI avec Steinberg (très grand chef sous-estimé) plutôt qu'avec Karajan, ce n'est pas un hasard.

Mais les choses se passent beaucoup mieux qu'on pouvait le craindre. D'abord parce qu'on est en 1957, avec un Karajan qui n'oblitère pas la musique par le son. Ensuite parce que c'est l'orchestre du festival, donc sans les réflexes peut-être déjà acquis par Berlin. Enfin, parce que Milstein et Karajan son de grands musiciens et s'entendent pour servir Brahms en dépit de leurs probables différences musicales et esthétiques. On sent, au début, Milstein pousser à la roue, Karajan cadrant parfaitement ensuite la pulsation dans laquelle veut se mouler le soliste. Le tempo allant du mouvement lent est très caractéristique: je n'imagine pas que cette fluidité puisse être l'initiative de Karajan.

Au final, et même si l'Orchestre du Festival n'est pas le Philharmonique de Berlin, c'est évidemment une affiche précieuse, un document rare, qui ne me convainc toujours pas de la cadence "maison" du violoniste pour le 1er mouvement et qui ne justifie aucunement de se détourner des deux enregistrements officiels (mono avec Steinberg et stéréo avec Fistoulari), car Milstein a toujours su préserver en studio la spontanéité ou l'illusion de spontanéité nécessaire. Évidemment les afficionados de mon espèce vont se ruer sur le disque comme ils l'ont fait sur Milstein-Amsterdam-Monteux.

Tout cela avant de dire qu'on aurait bien tort d'éluder le "complément", car en valeur testimoniale avoir un concerto de Sibelius par Bronislaw Gimpel et Eugen Jochum est intrinsèquement plus intéressant qu'un autre Brahms par Milstein. Espérons d'autres document de cet étonnant Gimpel d'une incandescence sonore surpassant Ferras lui-même! Seul le Sibelius brûlant de Julian Sitkovetsky se mesure en intensité sonore à celui-ci.

Même urgence, même intensité avec Gimpel-Jochum et on oublie rapidement les aléas d'exécution en concert – tel décalage de l'orchestre dans le 1er mouvement, telle pureté de trait violonistique qui aurait été corrigé, telle petite faiblesse passagère de la bande - pour retenir la révélation de cette braise et de ce son qui vous rentre sous la peau.

Encore!

--Christophe Huss

Les 10/10 du mois

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WOLFGANG AMADEUS MOZART
Requiem. Concerto pour clarinette
Benjamin Dieltjens (clarinette de basset); Lucy Hall (soprano; Angélique Noldus (mezzo); Hui Jin (ténor); Josef Wagner (basse)
Choeur de chambre de Namur; New Century Baroque
Leonardo Garcia Alarcon
Ambronay

LOUIS THÉODORE GOUVY
Symphonie n° 4, Symphonie brève, Fantaisie symphonique
Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken
Jacques Mercier
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