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JOHANN SEBASTIAN BACH
Sonates et Partiitas pour violon seul

Viktoria Mullova



Onyx- 2 CD Onyx 4040(CD)
Référence: Ehnes (Analekta); Milstein (EMI et DG); Kaler (Naxos)

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La situation discographique des Sonates et Partitas de Bach est quasi inextricable, car aux grand anciens - Milstein, Szeryng, Grumiaux - se sont ajoutées plusieurs versions récentes majeures: Ehnes, Tezlaff, Kaler (sans esbroufe ou parti pris marquant, mais sculpturalement réussi), Kremer, Fischer.

Mis à part Tetzlaff et, d'une certain manière, Kremer (adepte d'un violon fou en perpétuelle réinvention) on observe surtout une domination des "sculpturaux apolliniens". La version de Viktoria Mullova, qui avait enregistré précédemment les Partitas seules pour Philips, apporte donc un regard complémentaire intéressant. Jouant d'un Gadagnini de 1750 cordé en boyau et d'un archet baroque Barbiero, Mullova marginalise dans un premier temps toutes les versions "baroqueuses" de violonistes moins doués qu'elle et pour lesquels le côté aigrelet et les petits frottements faisaient partie du jeu de l'authenticité.

Mais le débat n'est pas ici un débat de légitimité organologique: Mullova ne revendique pas le baroquisme et son violon a probablement subi des restaurations qui en affectent le caractère dit "d'époque". On s'en moque. Ce que je veux dire c'est qu'il s'agit ici, clairement, de la version "à conscience stylistique" la mieux jouée. Par rapport à Tetzlaff, la version Mullova ne garde en effet aucune scorie du type romantisation des Allemandes ou Sarabandes.

Mullova c'est d'abord un son, adouci et confident, jamais grossi par la captation sonore (chose rare qu'il faut souligner). C'est ensuite - contrairement à Kremer - le renoncement à tout "geste violonistique". Enfin - à l'opposé de Fischer ou Ehnes - sa version fait primer la respiration et le mouvement sur le son... même si elle ne perd rien en termes d'hédonisme sonore.

Le parcours est marqué par une subtilité absolue, une élégance pudique. Cela se manifeste très clairement dans l'appui toujours bien soupesé des notes, la Sicilienne de la 1re Sonate étant aussi éloquente que la parfaite Allemande qui ouvre la Partita n° 1 ou la Sarabande qui suit.

Il a fallu tout digérer, tout comprendre pour, avec une telle humanité et légèreté, mettre en veilleuse ego et démonstration instrumentale. Ils sont fort rares, ceux qui se sont pliés à cette ascèse et aucun a su dynamiser les Sonates et Partitas de l'intérieur comme le fait Viktoria Mullova.

--Christophe Huss

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