J'aurais été bien marri si ce CD que j'ai écouté à l'aveugle dans un lot de parutions mises un peu au hasard dans un changeur de disques avait été enregistré par un orchestre huppé. Mon attention a en effet été d'emblée attirée par le côté "seconde zone" du jeu orchestral puis par celui, appliqué, de la soliste plaquée au premier plan.Il en va ici comme pour le disque des Concertos pour piano de Mozart avec Edna Stern. Les éditeurs pensent-ils vraiment que les auditeurs ne font aucune différence entre l'Orchestre de chambre d'Europe, la Deutsche Kammerphilharmonie, Les Violons du Roy ou Combattimento Amsterdam d'un côté et l'Orchestre de chambre d'Auvergne et le Collegium Musicum Bâle de l'autre?
Jadis, c'était l'élite qui gravait des disques, Maintenant c'est bar ouvert pour Tartempion et Cie. Tous ces gens qu'on entend ici sont des professionnels et ils jouent le plus musicalement possible, en donnant leur maximum. Mais ils ne peuvent donner que ce qu'ils ont.
Je n'ai pas perçu dans cette verdeur, cette sécheresse laconique , cet audible envie de bien faire, ce qui rendait ces musiciens dignes de figurer aux côtés du Concertgebouw ou du Philharmonique de Vienne dans les bacs des disquaires aux rayons Mozart et Schubert.