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JOHANNES BRAHMS
Ein Deutsches Requiem

Camilla Tilling (soprano); Detlef Roth (baryton)

Choeur et Orchestre de la Radio de Berlin

Marek Janowski

PentaTone- PTC 5186 361(SACD)
Référence: Bernius (Carus)

rating

C'est vraiment étrange: le Requiem de Brahms semble un casse-tête insurmontable pour 98% des chefs d'orchestres et, quand on met le disque de Janowski, en quelques mesures, on sent que c'est évidemment "ça". Une seule version avait tenu toutes ses promesses sur la distance: celle de Frieder Bernius. Nous en avons ici l'alternative (ou l'alter ego), dans une optique sonore plus nourrie.

Il y a plusieurs niveaux d'écoute de ce disque. Ainsi, lors de ma troisième audition, en écrivant ce compte rendu, je m'attache à scruter l'éclairage orchestral. Il est intéressant de suivre dans "Selig sind" quels timbres Janowski fait ressortir. Il nourrit notre esprit de ses choix clairvoyants à tous les niveaux (dosage des vibratos de cordes, mises en évidences de bois, etc.)

Les gros pièges du Requiem de Brahms sont l'excès d'affliction et de grandiloquence. Ils se matérialisent dans le ton et les tempos et trois volets réunissent le "nectar" des difficultés: II, III et VI. Janowski (comme Bernius) y fait un sans-faute éblouissant, avec des accents nets, des rapports de tempos justes, mais aussi des inflexions de ton entre les passages exaltés (violents) et les fugues subséquentes (plus réfléchies). Le seul choix inattendu est celui d'une élocution assez étale, avec un faible rebond sur les consonnes. C'est probablement un choix, dépeignant un peuple de croyants qui constate plus qu'il agit.

Côté solistes, Roth est un baryton humain qui vient de Bach (n'attendez pas Fischer-Dieskau) et Camilla Tilling chante un Ihr habt nun Traurigkeit qu'on aurait aimé plus chaleureux et émouvant. Évidemment moins catastrophique que Röschmann avec Rattle, elle est ni pire ni meilleure que d'autres, mais ne dispense pas les frissons de Bonney (Giulini) ou Janowitz (Haitink).

L'essentiel est ici la vision d'un grand chef sur un chef-d'oeuvre en général maltraité. Contrairement à Gardiner et Rattle, qui ont compris où il fallait en venir mais qui n'y sont pas arrivés, Janowski a réussi à faire aboutir pleinement son interprétation. Bernius et Janowski sont ainsi aujourd'hui les deux (et les deux seules) versions pour approcher ce monument dans sa vérité musicale. Après l'avoir compris, on peut aller vers Klemperer pour ses solistes ou Giulini pour son surcroit d'émotion.

--Christophe Huss

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