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BEDRICH SMETANA
Ma Vlast


Orchestre philharmonique de Malaisie

Claus Peter Flor

BIS- BIS-SACD-1805(SACD)
Référence: Talich (Supraphon); Ancerl (Supraphon); Kubelik-Vienne (Decca)

rating

À la tête de cet étonnant Orchestre Philharmonique de Malaisie composé de musiciens venus de divers pays -- et qui en surprendrait plus d'un en écoute aveugle --, Claus Peter Flor s'était déjà fait remarquer avec une puissante interprétation d'Asraël de Josef Suk, s'inscrivant d'emblée au sommet de la discographie.

Ici, dans un contexte discographique autrement pléthorique, il renouvelle le miracle. Dès Vysehrad, on entre dans une sorte de rêve éveillé hypnotique qui évoque un peu le prélude de l'Or du Rhin avec sa féérie narrative. On est aussi frappé par l'extrême ductilité des cordes et la douceur aérienne des bois, en particulier dans les passages rêveurs de La Moldau ou dans Par les Près et les Bois de Bohème. Flor y obtient des nuances dynamiques très élaborées et une irradiante chaleur, avec des bruissements harmoniques et des silences superbement habités.

Ce travail d'orfèvre rappelle que Flor est aussi un grand interprète de Mendelssohn et Martinu, deux autres magiciens de la fluidité rythmique. Mais la plus grande réussite du chef est d'assurer la continuité du récit par l'unification psychologique et esthétique de tout le cycle au sein d'un long crescendo vers l'apothéose -- dans une vision de musique pure universaliste, poétique et "défolklorisée".

Au sein de chaque poème, le dosage parfait des tempi, l'évidence de la respiration, la luminosité des timbres, la réactivité d'un orchestre fouillé dans tous ses registres permettent tout naturellement les transitions organiques entre les effusions bucoliques, les climats héroïques et les envolées lyriques conquérantes.

Là où d'autres grands interprètes (Neumann/Gewandhaus de Leipzig (Berlin Classics) ou Smetacek/Philharmonique Tchèque (Supraphon) dramatisent, par une lecture souvent très verticale et un rien massive, la solennité wagnérienne de l'exaltation de la patrie, Flor, sans rien ôter à la grandeur hymnique et à l'irrésistible beauté mélodique, ajoute un enthousiasme juvénile communicatif à la fin de chaque poème symphonique. Écoutez la coda de Sarka à partir de 9'!

Dans Tabor (superbe entrée mystérieuse) et Blanik, deux sommets, la cohésion de l'orchestre fait à nouveau merveille, grâce à la densité, la précision et le legato des cuivres jamais bruyants ou vulgaires, grâce aussi à l'intervention de percussions incisives et colorées.

On peut faire abstraction, aujourd'hui, de nombreuses versions de chefs qui ont tenté de restituer avec plus ou moins de bonheur l'esprit de ce chef-d'œuvre absolu de la musique tchèque (Inbal, Levine, Harnoncourt, Dorati, Berglund, Hrusa, Pesek, Wit, Belohlavek, Mackerras...), parce que seuls, à mon sens, Talich/Philharmonique Thèque (Supraphon et Naxos), Ancerl/Philharmoniqu Thèque (Supraphon) et bien sûr Kubelik, qui a enregistré le cycle à de multiples reprises, notamment à Chicago (Mercury), Vienne (Decca), Boston (DG), Munich (Orfeo) et Prague (Supraphon), ont su réellement pénétrer l'essence idiomatique de la partition.

Le nouveau disque dirigé par Claus Peter Flor vient à présent se mêler à ce trio de tête. La prise de son aérée et très présente en fait même un premier choix pour qui cherche à conjuguer qualité sonore et interprétation.

--Jean-Marie Brohm

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