Contrairement au coffret Schubert, ce passage chez Decca, à l'occasion du 80e anniversaire de Brendel, d'une intégrale des Sonates de Beethoven n'est pas celle des années 1992 à 1966 mais celle des années 70.Remarquable, elle est le lien logique et une sorte de chemin médian entre la fulgurance de l'intégrale Vox et l'intellectualisme de la version ultérieure. Les données sont les mêmes que dans Schubert... sauf que pour Schubert le coffret réédité est celui des enregistrements DDD.
Raisonnement identique donc, car ce que la suprême intégrale 1992-1996 possède, c'est cette absolue maîtrise du temps et du creusement des voix. L'approche est beaucoup plus qu'esquissée ici, mais l'extraordinaire somme ultérieure est encore plus fouillée et tenue.
Ce qui signe l'éminence de Brendel dans Beethoven est que si l'on considère les versions des sonates gravées dans les années 70, je ne connais aucune somme qui égale celle-ci. Par ailleurs, Brendel a cette faculté d'accaparer et d'acclimater l'auditeur, avec sa fluidité, l'évidence de ses tempos et son contrôle dynamique superlatif.
Si vous tombez sur ce coffret n'hésitez pas. Si vous trouvez l'autre (son prix a considérablement baissé et est même plus attractif que celui de ce coffret-ci) le choix est évidemment en faveur de la version plus récente. Les prix s'équivalent, puisque ce coffret-ci contient également les Concertos.