Je commence sérieusement à me demander quelle est cette fatalité qui fait en sorte que tant de "Young exciting conductors of today" nous donnent des témoignages musicaux insipides, sans trait, ni attrait, de la jeunesse; sans aucune fraîcheur en tous cas. Et sans apparente culture de la musique française en ce qui concerne le très médiatisé Yannick Nézet-Séguin. Après une Symphonie fantastique radiographiée (chez BIS), voici probablement la version la plus plate de La Tragédie de Salomé. On comprend (ou bien l'on croit comprendre) que Nézet-Séguin tend à mettre en valeur les textures debussystes de l'oeuvre de Florent Schmitt. C'est évident dans maints passages du Prélude ou Les enchantements sur la mer. On ne condamnera pas cette version parce qu'elle nous donne la Danse de l'effroi la plus lente et la moins effroyable de l'histoire du disque, mais parce qu'il ne semble pas y avoir de choix interprétatif, ni de couleur.
En ce qui concerne la Symphonie de Franck je n'ai qu'une question à poser: Comment un chef aussi éminent, futur directeur musical de Philadelphie, invité régulier du Met, directeur musical d'un éminent orchestre européen et premier chef invité d'une phalange londonienne peut-il imaginer que l'Allegretto de la Symphonie de Franck est ce "ploc-ploc" en forme de litanie soutenant une mélodie au phrasé aussi aplati? Il faut quand même concevoir quelque part cela et se dire, "non, ces phrasés ne doivent pas chanter!" Le reste est à l'avenant.
Il n'y a rien à contester ici: ce n'est même pas une interprétation, juste de la platitude mur à mur. À ce titre, je vous recommande le Finale entre 1'58 et un peu plus de 3 minutes...
Je suis désolé, mais il y a des choses et valeurs dans ce bas monde que je ne comprends pas...