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DMITRI CHOSTAKOVITCH
Symphonie n° 15


Orchestre Royal du Concertgebouw d'Amsterdam

Bernard Haitink

RCO Live- RCO 11003(SACD)
Référence: Sanderling (Berlin Classics); ce disque

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Nous avons été souvent sévères ces derniers temps avec Bernard Haitink, qui, sur différents labels pilotés par des orchestres (RCO, LSO, CSO et d'autres), ressasse son répertoire en moins bien qu'avant. Sa 4e de Bruckner avec le LSO, un désastre, en est un triste exemple. Le dernier grand disque du chef hollandais dont j'ai souvenir est une 7e Symphonie de Bruckner à Chicago. Cette nouvelle 15e Symphonie de Chostakovitch est du même calibre.

Tout d'abord, c'est un SACD techniquement superlatif, documentant un orchestre superlatif. Mais, par dessous tout, il y a la vision de Haitink, qui se rapproche très fortement de celle de Kurt Sanderling, le maître absolu de la discographie. Des trois versions Sanderling - Symphonique de Berlin, Cleveland et Philharmonique de Berlin, live -, celle avec "son" orchestre (Berliner Symphonie Orchester) est la plus détaillée, la plus dramatique la plus lapidaire.

Haitink, en 47mn11, adopte la même démarche: celle illustrant un Chostakovitch lesté de tout le poids du monde sur ses épaules et hanté par la mort. Le Finale est une raréfaction progressive de l'air, une destruction lente et fatale. Comme chez Sanderling, toutes les citations du 1er volet sont des faux-semblants, des masques cyniques.

L'écoute, patiente et concentrée, révèle un chef-d'oeuvre absolu, dont le sens profond semble presque imperméable à la plupart des chefs russes. Car c'est un Chostakovitch à bout de forces que l'on entend là: il n'a plus l'énergie de verser le même type de vitriol qu'avant. La fin de la symphonie est un vrai goutte à goutte dans un blafard couloir d'hôpital et non une étude rythmique percussive.

Haitink a donc raison: tout est phrase, tout est sens, tout est un cri de celui qui aurait voulu être aimé et respecté pour ce qu'il était: un grand compositeur d'opéra. De là l'omniprésence de Wagner dans le Finale (c'est là une interprétation strictement personnelle, nullement attestée par des témoignages. À fréquenter l'oeuvre et à m'interroger sur les clés trouvées par Sanderling, j'en arrive à cette conclusion).

La texture orchestrale d'Amsterdam et la technique sonore surpassent le document de Sanderling, tant et si bien que nous sommes en présence de la nouvelle version de référence de cette symphonie.

--Christophe Huss

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