Ce disque voit le chef québécois Jean-Philippe Tremblay changer de philosophie. Lui qui privilégiait les enregistrement sur le vif (Symphonies de Beethoven) malgré leurs inhérents défauts, opte maintenant pour la "conserve bien tempérée"... et, hélas, un peu aseptisée.Sa Fantastique est scrupuleuse, logique, mais appliquée, notamment dans les phrasés. La musique semble assez univoque. Ce cheminement probe que l'on sent dans la Marche au supplice apparait d'évidence lorsqu'on compare l'enregistrement avec celui d'un autre jeune chef, Robin Ticciati avec un effectif équivalent.
À la décharge de Tremblay on dira que son Orchestre de la Francophonie est un ensemble ad hoc qu'il doit rebâtir chaque été, avec des résultats souvent surprenants, alors que Ticciati dirige un orchestre de chambre qui a le vent en poupe après avoir été entre les mains de Joseph Swensen et Charles Mackerras.
Mais au disque, en aveugle, l'à-plat de Tremblay (cf la carrure du Bal) ne peut se mesurer aux strates polyphoniques creusées, au mouvement perpétuel de Ticciati.
On se retrouve donc dans le même créneau que précédemment: une bonne photo d'un ensemble et d'un chef travaillant avec une belle conscience musicale, ce dont ne résulte pas forcément un disque majeur ou transcendant.