La redécouverte des Sérénades de Robert Fuchs (1847-1927) nous rappelle celle des Symphonies de Joseph Martin Kraus dans les années 90.Ce disque fait suite aux Sérénades n° 1 et 2 parues chez Naxos en 2011. L'intérêt ne faiblit pas. Désormais la connaissance des cinq Sérénades permet de dégager deux groupes: celui des Sérénades n° 1, 2 et 3, des Sérénades pour cordes, et celui des Sérénades n° 4 et 5, dans lesquelles s'ajoutent des instruments à vents.
Comme dans le premier volume, l'univers musical de Fuchs gravite autour de Brahms, Dvorak et Tchaïkovski. Mais Fuchs, un maitre de la mélodie efficace, développe un langage propre. La Sérénade n° 3 débute sur une Romance teintée d'ombres nostalgiques. Le Menuet qui suit est dvorakien en diable, avant un Allegretto grazioso en forme de "ver d'oreille" et un Finale "alla zingarese".
Brahms prend le pas dans la Sérénade n° 4, puisque la 1re Sérénade du compositeur a audiblement servi de modèle à la plus ambitieuse des cinq œuvres. Certaines mélodies semblent sortir d'un opéra de Tchaïkovski, mais globalement la tonalité est très teintée de romantisme allemand, l'oeuvre étant d'ailleurs la plus automnale.
Le Finale de la 5e Sérénade est très étonnant, puisqu'il cite très largement La Chauve-souris de Johann Strauss. Mais se concentrer sur ce mouvement serait oublier la douce concentration de l'Adagio con espressione initial (même principe que dans la 3e Sérénade: commencer par un mouvement lent…).
Un disque passionnant, que l'on écoute et réécoute, comme si on avait toujours connu cette musique...