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WOLFGANG AMADEUS MOZART
Requiem (édition Beyer)

Christine Schäfer (soprano); Bernarda Fink (alto); Kurt Streit (ténor); Gerald Finley (basse)

Choeur Arnold Schoenberg; Concentus Musicus Wien

Nikolaus Harnoncourt

Deutsche Harmonia Mundi- 82876587052(SACD)
Référence: Bernstein (DG); Harnoncourt (Teldec); Koopman (Erato)

rating

Second enregistrement du Requiem de Mozart par Harnoncourt, cette fois pour son nouvel éditeur et dans la nouvelle technologie SACD multicanal (hybride). Tout comme pour le CD Vorisek de Praga en juin 2004 nous avons décidé de ne pas priver cette importante parution de la récompense 10/10 et donc de fermer un oeil indulgent sur un son SACD multicanal qui n'est toujours pas optimal. Les ingénieurs du Studio Teldex, qui réalisent ces enregistrements multicanal pour BMG, ne me semblent pas encore avoir pris l'exacte mesure du Musikvereinssaal de Vienne, de sa réverbération idéale (mais on sait qu'une salle acoustiquement géniale n'est pas forcément un "studio d'enregistrement" optimal). Le son apparaît encore un peu alourdi et diffus à mon sens. J'ai préféré l'écoute en stéréo, d'autant que, justement, l'abord interprétatif de Harnoncourt est fondé sur des nuances très fines, qui gagnent à être écoutées dans une acoustique plus précise.

Contrairement à la Création de Haydn, le "remake" du Requiem de Mozart est meilleur que le premier. Très décanté et abrupt, l'enregistrement Teldec était comme un coup de poing vindicatif. La nouvelle gravure beaucoup plus subtile, plus "intégrée" et fluide, mais tout aussi puissante, repose sur un flux irrépressible, avec un sommet absolu: le "Domine Jesu" d'une concentration exceptionnelle, préludant à un Hostias très rapide, section la plus originale en termes de tempo.

Le Domine Jesu est, justement, un symbole parfait de la réussite de Nikolaus Harnoncourt, puisqu'il réunit en splendeur tous les acteurs majeurs de cette petite merveille: le chœur aux nuances millimétrées; l'orchestre, reposant sur des basses puissantes et des cuivres aux couleurs sublimes de jugement dernier; et quatre solistes d'égale et très haute valeur. Cela peut paraître aller de soi, mais, en fait, l'équilibre du quatuor vocal est l'un des problèmes les plus fréquemment rencontrés dans la discographie: c'est la limite (relative) de l'enregistrement Bernstein et c'est ce qui marginalise la fascinante seconde version de Giulini (Sony). Ici tous sont justes et parfaitement calibrés. On admire par exemple l'intelligence raffinée de Gerald Finley dans le Tuba mirum.

Harnoncourt semble s'être "déradicalisé" et humanisé. Son Requiem est une vraie prière, portée par le chœur (écoutez les "dona" de "dona eis Requiem" ou les "quatus tremor" tétanisés de peur). Je suis également très heureux, personnellement, du choix de l'édition Beyer, le meilleur à mon goût, en dépit de l'engouement actuel pour la mouture de Levin.

Mais l'important dépasse la question de ce choix: Harnoncourt s'est laissé gagné par l'émotion du Requiem de Mozart. C'est un événement.

--Christophe Huss

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