Le baryton polonais Mariusz Kwiecien est bien connu de ceux qui fréquentent les cinémas lors des diffusions des spectacles du Metropolitan Opera de New York. Et, de fait, ce disque est bien plus destiné aux néophytes, ou à une forme de "public lyrique non spécialisé", qu'à des spécialistes bourrés de référents (ex. dans l'air du Marchand vénitien de Sadko). À son public, ce CD, comme celui de Stoyanova chez Orfeo, permettra de mettre en valeur la beauté d'un répertoire slave, un peu laissé pour compte, notamment en Amérique du Nord, continent d'accueil de Mariusz Kwiecien.
Les qualités et limites de Mariusz Kwiecien sont claires: un bel abattage dramatique et une voix à taille humaine, d'un côté; des choix de répertoire parfois trop lourds pour cette voix, de l'autre. De manière générale, Mariusz Kwiecien présente le même cas de figure que Danielle De Niese: il est excellent chanteur-acteur, projeté par sa notoriété vidéographique devant les micros d'un récital discographique.
Tel quel, le récital est «passé» parfois au forceps par le baryton et on ne peut qu'espérer pour lui d'éviter à la scène ces "sur-emplois" afin qu'il puisse être en mesure dans cinq ans de faire aussi bien.
Ce public concerné n'a en tous cas pas beaucoup de raisons de se plaindre de ce qu'on lui sert là.