Des deux coffrets publiés par Supraphon en hommage à Charles Mackerras, celui-ci est le plus enrichissant pour les discophiles. Il y en effet fort à parier que la boite Dvorak/Smetana contienne pas mal de doublons pour ceux qui ont suivi ce chef ou ce répertoire dans les dix dernières années.Le coffret Janacek/Martinu, au contraire, ravive des enregistrements parfois aussi oubliés qu'essentiels. Je pense notamment ici à deux monuments: l'un des plus grands enregistrements Martinu de l'histoire - le couplage du Double Concerto et des Fresques de Piero della Francesca, gravé en 1982 - et un CD magique pour qui s'intéresse au chant choral; le regroupement de la Cantate Amarus de Janacek et de la Messe de bataille (Field Mass, en anglais), pour choeur d'hommes et orchestre, de Martinu (1984). Ce sont deux oeuvres injustement méconnues qui touchent instantanément l'auditeur.
La Messe glagolitique avec Söderström date de la même époque (1984): on l'avait alors connu à travers l'entente Supraphon-Denon. Une autre Glagolitique est incluse (avec un autre Taras Bulba) dans un DVD joint. Il s'agit d'un concert qui révélait la nouvelle mouture de la partition (celle avec la fin dans le commencement, et vice-versa et réciproquement!), à mes yeux un simple gimmick de l'éditeur pour faire du cash. Les solistes en sont Eva Urbanova, Bernarda Fink, Leo Marian Vodicka et Peter Mikulas et l'enregistrement date de 1996. C'est cette mouture que Mackerras défendit dans son réenregistrement chez Chandos.
On trouve donc ici des choses plutôt rares, puisque le couple Janacek-Mackerras est plutôt connu par ses enregistrements Decca. Pourtant la Sinfonietta de 2002 est ravageuse sans ostentation et les extraits de La Petite renarde et de Katia Kabanova apportent un élément à la discographie du chef.
Pour couronner le tout, une entrevue en anglais de 12 minutes permet de préserver la voix et quelques mémoires de ce grand musicien.