Il y a dans ce disque poudre aux yeux les mêmes défauts fonciers que lorsque Dudamel dirige la 5e de Tchaïkovski: lorsque le tempo s'accélère, le poids sonore diminue. Van Zweden a décidé de faire deux choses dans sa Quatrième: quelques petits jeux de soulignement dans le Scherzo (plutôt intéressants) et un Finale tourbillonnant. Ce dernier fait effet, dans le style "copie de Mravinski-DG" mais à bien y écouter ça piaffe et sautille sur place. Les interventions de cuivres symbolisant le Fatum ressemblent, du coup, à du Franz von Suppé (coda).
Tout le défi de la Quatrième qui est de conjuguer poids et cinétique n'est pas relevé par Jaap van Zweden, qui fait de la tapisserie pour gogos. La 4e Suite, bien troussée et mieux cernée, relève le niveau général.
Il ne faut pas conclure que la 4e Symphonie est chasse-gardée des Russes. Des chefs occidentaux tels que van Beinum (coffret d'archives de la Radio hollandaise) et Zubin Mehta (par deux fois) en ont trouvé la clé.