Je suis assez mal à l'aise avec cette série Opening Doors de Thomas Dausgaard et Bis. Je n'arrive pas à savoir si c'est de l'édition discographique expérimentale ou si ce que l'on nous propose est à prendre cash comme une définition d'une "vérité artistique". Ce préambule n'est pas innocent, car il y a une différence ente le "testons comme ça pourrait sonner" et le "voilà la vérité, bande de caves; jusqu'ici tout était faux", dans le genre Norrington-le gourou. Disons que dans la seconde perspective, on plaque la chose au mur. Dans la première, un fanatique, qui aurait 10 versions et voudrait voir comment cela peut sonner autrement, peut aller picorer ici.
À ce compte-là, ce n'est plus un disque, c'est une sorte de bar ouvert de sons, dans lequel on pioche par-ci, par-là des "ah, tiens, c'est intéressant", qui, hélas, ne contrebalancent pas les "voyons donc, ce n'est pas possible!".
Dausgaard est cohérent: orchestre qui semble rassembler 50 ou 60 membres, peu ou pas de vibrato (mais pas de sonorités grinçantes pour autant) et une conduite très droite (dans le son et le phrasé). Ce n'est pas vraiment de la musique; c'est une partition menée, sans fard, comme telle par un gendarme à œillères qui applique les consignes. De ce qu'il en découle, la fin lapidaire et obsédante, avec une sorte de pulsation cardiaque omniprésente, est la partie la plus intéressante.
En fait, par l'exemple, Dausgard prêche surtout, par l'absurde, pour une chose: l'utilité et l'importance d'avoir des interprètes!