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GEIRR TVEITT
Concertos pour piano n° 1 et 4; La tortue

Sveinung Bjelland (piano; 1er Concerto); Hakon Austbø (piano; 2e Concerto); Ingebjørg Kosmo (mezzo)

Orchestre symphonique de Stavanger

Ole Kristian Ruud

BIS- BIS CD 1397(CD)

rating

Parmi les disques Bis et Naxos qui nous font découvrir ce fascinant compositeur norvégien (1908-1981), cette nouvelle parution se démarque juste en dessous de Prillar et des Rêves de Baldur, au même niveau que le cycle de mélodies populaires de Hardanger. Il contient pourtant des œuvres très diverses.

Le Concerto pour piano n° 1 est une petite merveille candide, qui oscille en trois phases (lent-vif-lent) entre la pureté de Mozart, dans l'énoncé "tranquillo" du thème, la fausse naïveté badine de Poulenc dans le Lento Final, la générosité de la musique d'un Copland ou d'un Rachmaninov et la griffe caractéristique de la musique nordique. Emergeant avec simplicité du néant et retournant vers le silence, cet Opus 5 de 21,' créé en 1931, est, sans la moindre prétention, un beau concerto du XXe siècle, dont le charme se mesure par exemple à celui du 2e Concerto de Chostakovitch, sans toutefois la variété de ce dernier.

La Tortue est une cantate reprenant (en anglais) le 3e chapitre des Raisins de la colère de Steinbeck. Cette cantate fut écrite pour Kirsten Flagstad en fin de carrière, qui ne chanta jamais cette métaphore des vicissitudes de la vie (la tortue traverse une autoroute en cherchant à porter de l'autre côté de la route un épi d'avoine. Elle se fait amocher mais s'en sort, "l'œil pétillant d'humour regardant toujours droit devant"). La Tortue de Tveitt est un pendant du Knoxville: été 1915 de Samuel Barber. Cette cantate, idéalement défendue par Ingebjørg Kosmo, demande à être apprivoisée par l'auditeur, mais se révèle au bout de deux ou trois écoutes comme un véritable petit bijou (écoutez la transition, vers 15', après "For a long moment the turtle lay still"). D'ailleurs la mise en musique d'un tel texte est à elle seule une prouesse.

Le 4e Concerto, "Aurores boréales", est d'un propos bien plus ambitieux que l'Opus 5. On y retrouve un piano beaucoup plus percussif, traité à la manière de Bartok, Prokofiev ou Martinu (1er mouvement surtout), mais au profit de la création d'atmosphères mystérieuses, étranges , parfois fuyantes. Les ultimes mesures, notamment, forment un poudroiement quasi irréel; qui bénéficie du toucher magique d'Austbø. Il ne s'agit pas à vrai dire d'un concerto au sens "concertare" du terme: le piano s'intègre à l'orchestre, véritable moteur d'une composition qui confirme une fois de plus le génie d'orchestrateur de Tveitt.

Une prise de son modèle de naturel, de richesse et de profondeur forme un écrin de rêve pour ces escapades hors des sentiers battus. Evidemment, si vous ne connaissez pas Tveitt le CD "Prillar" de Bis est plus accessible que celui-ci.

--Christophe Huss

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