Enfin! Après de vaines tentatives pour nous faire croire que des instruments de musées pouvaient supporter le plus grand Beethoven – des casseroles desservant autant le compositeur que la cause du pianoforte - voici enfin une version qui allie fascination sonore et intelligence musicale. Staier a eu recours, pour son enregistrement, au manuscrit qui a refait surface ces dernières années, se trouve depuis 2009 au Beethoven-Haus de Bonn et a été édité par Carus (148 euros le Facsimile, tout de même!), Le minutage est judicieusement augmenté par - placées en préambule - des variations d'autres compositeurs, sélectionnés par Staier, de Czerny à Liszt, en passant par Schubert et Franz Xaver Mozart.
Le seul fait d'avoir une très grande version sur un très grand pianoforte (quelle bonne idée d'avoir choisi une copie plutôt qu'un original) vaut 10/10, puisque l'imagination fertile de Staier et les possibilités sonores offertes par le pianoforte ouvrent des horizons exceptionnel. On ajoutera une prise de son de rêve et on soulignera que Staier vient de côtoyer le nirvâna en deux ans à la fois dans les Goldberg et les Diabelli !!!
Soulignons qu'il se s'agit pas ici que d'exotisme sonore, mais d'un vrai parcours avec des perspectives musicales et sonores nouvelles, à la fois en un grand souffle et en une infinité de déclinaisons d'atmosphères avec une somme d'idées nouvelles. Renversant!