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SERGEÏ RACHMANINOV
Concertos pour piano et orchestre. Rhapsodie sur un thème de Paganini

Stephen Hough (piano)

Orchestre symphonique de Dallas

Andrew Litton

Hyperion- 2 CD 67501/2(CD)
Référence: Kocsis-De Waart (Philips); Wild-Horenstein (Chandos)

rating

Voilà une intégrale des Concertos de Rachmaninov qui sort de l'ordinaire. Elle n'est pas majeure seulement parce qu'elle n'est pas comme les autres, mais parce que la démarche musicale pertinente qu'elle reflète est incarnée avec passion et expertise par ses interprètes.

Les Concertos pour piano de Rachmaninov ont suscité de nombreuses intégrales, parmi lesquelles des réussites méconnues (Rösel-Sanderling ou Shelley-Thomson) et quelques valeurs très surfaites (ainsi la réaudition d'Ashkenazy, tant avec Previn qu'Haitink est sources de lourdes déconvenues... et je ne parle pas de son association avec le sirupeux Thibaudet!) Outre l'enregistrement historique de Rachmaninov lui-même et face à quelques enregistrements de très bonne tenue (Orozco, Eresco ou Collard) se dégagent les intégrales de Wild-Horensetin, très spectaculaire, avec une fulgurante Rhapsodie sur un thème de Paganini et, surtout, de Kocsis et De Waart. Cette dernière, mal jugée à sa parution, balaie les surcharges de la tradition en incarnant un Rachmaninov déterminé, mordant, qui va droit au but. Le disque Philips "Solo" qui regroupe les 2e et 3e Concertos est un must absolu et vous convaincra d'acheter l'autre volume.

Hough et Litton sont ceux qui, aujourd'hui (c'est à dire 20 ans après), relaient l'intégrale visionnaire de Kocsis et De Waart (Kocsis étant d'ailleurs plus visionnaire que De Waart). Le credo esthétique est simple: Rachmaninov, ce n'est pas de la guimauve! Pour le prouver, Kocsis, l'œil rivé au texte, usait de tempos directs et francs et "rubatisait" a minima. Hough, avec des moyens pianistiques qui n'ont rien à envier à ceux de son collègue hongrois, s'engage dans la même voie, comme en témoigne le début "a tempo" du 2e Concerto, qui n'est pas un portique d'entrée, mais (bien comme l'a vu Rachmaninov) une plongée dans le mouvement.

Il y a cependant plusieurs différences entre Hough-Litton et Kocsis-De Waart. La première est que les disques de Kocsis sonnent un peu comme des manifestes. Il a tellement de scories à balayer que son Rachmaninov est militant (cf. le tempo de l'entame du 3e Concerto). Hough, de ce point de vue, se montre plus libre: soignons la rigueur rythmique, ayons une idée nette sur le rubato chez Rachmaninov et voyons comment l'orchestre doit sonner en interaction avec le piano. La partie émergeante de l'iceberg orchestral s'annonce dès le début du 1er concerto, avec ses portamentos des cordes, mais toutes les œuvres (les concertos sont enregistrés en concert) bénéficient d'une complicité patente entre Hough et Litton et d'une vraie lecture orchestrale, qui dépasse nettement le niveau d'un "accompagnement" stéréotypé. C'est ainsi que Hough Litton nous offrent à mon sens l'enregistrement de référence absolu du 4e Concerto.

Nul ne pourrait soutenir que les interprétations de Hough et Litton viennent balayer ce qui existe déjà. Ce serait insensé. Mais ils marquent de toute évidence la discographie: leur vision est assez singulière, le 4e Concerto est une référence, la Rhapsodie égale celle de Wild-Horenstein et le respect des rapports de tempos dans le Finale du 3e Concerto sera source de découvertes pour beaucoup. Alors, si vous possédez déjà Kocsis-De Waart, cette nouvelle intégrale fait un peu double emploi, car elle s'inscrit dans la même esthétique. Sinon, Hough et Litton vous apprendront plein de choses sur ces œuvres. Certains attendront peut être que la même esthétique soit défendue par un soliste aussi véloce que Hough mais au son plus nourri. Il est vrai que Stephen Hough fait partie de ces pianistes très agiles dont la production sonore semble naître du coude plus que des épaules et du haut du corps. Mais ces artistes (le modèle absolu en est Claudio Arrau -- qui, au passage, détestait Rachmaninov) se font fort rares aujourd'hui.

NB: Attention: ce disque ne paraîtra en France que le 29 octobre.

--Christophe Huss

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