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DMITRI CHOSTAKOVITCH
Concertos pour piano n° 1 et 2
RODION CHÉDRINE
Concerto pour piano n° 2 (1966)

Marc-André Hamelin (piano)

Orchestre symphonique de la BBC écossaise

Andrew Litton

Hyperion- CDA 67425(CD)

rating

Marc-André Hamelin est l'un des plus éminents pianistes de notre temps. Il reste cependant rare de l'entendre en concerto. On l'attendait donc au tournant dans les deux Concertos de Chostakovitch, c'est-à-dire une discographie qui réserve encore une substantielle marge de manoeuvre et où nombre de gravures récentes, signées Leonskaja, Ortiz ou Rudy, n'ont pas fait long feu au catalogue. Dominent pour l'heure: Chostakovitch-Cluytens (EMI), aux atmosphères très justes mais avec un pianisme qu'on peut rêver plus fin, Bronfman-Salonen (Sony), athlétiques et sans surprise et, surtout, le méconu tandem Eugene List-Maxime Chostakovitch (RCA Navigator), de loin le plus inventif, mais dans une captation russe un peu globale et trop réverbérée. Dans le 1er Concerto seul, Argerich (DG) a déçu, alors que la référence dans le 2e est l'inattendu concert d'Helen Huang et Kurt Masur dans le coffret Masur édité par l'Orchestre philharmonique de New York.

Pour ôter toute forme de suspense, ce nouveau CD devient aujourd'hui la version de référence: le toucher du pianiste canadien est infiniment plus riche que celui de l'auteur; mille fois plus inventif que celui de Bronfman dans un discours mieux cadré et mieux cerné par les micros que celui de List-Chostakovitch fils. Hamelin nous livre un véritable festival digital, tant dans la finesse (2e mouvement du 1er Concerto) que dans la folie la plus absolue (finale du même Concerto - écoutez notamment les deux dernières minutes). Dans le 2e concerto, il cerne parfaitement les pièges rythmiques des volets extrêmes et incarne un Andante central aussi pudiquement beau que celui de Helen Huang. Bref, c'est tout simplement un sans faute pianistique. Mais au delà du sans faute on découvre des phrases, des accents, des sortilèges, dont d'autres pianistes (Leonskaja, Ortiz !) restent très éloignés.

L'accompagnement de Litton est excellent, même s'il reste un peu neutre face aux climats sombres du Moderato du 1er Concerto et en deçà du tranchant du piano dans le 1er volet du Second. Mais l'ensemble est équilibré et juste. Intrinsèquement l'accompagnement de Salonen (Bronfman) ou Jansons (Rudy) est un peu plus aiguisé, mais on ne peut pas non plus dire que le Philharmonique de Berlin (Jansons, 1er Concerto) est l'orchestre rêvé dans ce répertoire.

Le 2e Concerto de Chédrine a été sans doute choisi pour sa rareté au disque et pour nous changer des couplages "tout Chostakovitch" habituels. Je n'irai pas jusqu'à me proclamer "fan" de cette oeuvre hétéroclite qui brasse un peu de tout (du sérialisme au jazz) dans un opportunisme passablement aléatoire. J'imagine que Chédrine n'aurait pu rêver d'une meilleure traduction de ce concerto qui joue à volonté des contrastes, avec, notamment, des passages "jazzy" très réussis dans le finale. Techniquement, le CD est excellent, avec un bel équilibre piano-orchestre et le choix, volontaire, de ne pas mettre la trompette à côté du soliste dans le 1er Concerto. On n'en dira pas autant du mixage multicanal du SACD, mais c'est une autre histoire, dont nous traiterons séparément.

--Christophe Huss

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