Qu'on n'attende pas ici de profondeur musicale insondable: le style de Hummel (1778-1837) est archétypique d'une Vienne post-mozartienne assez insouciante. Des guirlandes de notes illuminent les Variations opus 115 sur le Singspiel "Das Fest der Handwerker", dont Howard Shelley a parfaitement saisi la pulsation et la légèreté. Il s'inscrit ainsi dans la dentelle et dans un style "post-classique" et non dans le romantisme échevelé pré-lisztien: c'est très bien ainsi.Le principal attrait du disque est néanmoins l'arrivée de James Ehnes au sein du catalogue anglais. Le violoniste canadien piaffait d'impatience d'enregistrer des œuvres avec orchestre: il va être servi, puisque dans les prochaines semaines et prochains mois s'annoncent des CD consacrés à Dohnanyi, Dallapiccola et Dvorak. Pourvu que le violoniste ne s'essouffle pas.
Le violon d'Ehnes est bien capté dans deux oeuvres qui ne s'élèvent pas au dessus du niveau des Variations op. 115 mais délivrent un simple plaisir lié à l'éloquence musicale et instrumentale. Cela rentre par une oreille et sort par l'autre, mais c'est charmant.
Ce n'est pas pour rien que le CD commence par le Potpourri (avec Fantaisie) opus 94. C'est une composition tout aussi bien troussée, mais avec un fond plus gratifiant, puisque Hummel agence son potpourri en plusieurs sections dans lesquelles il instille des airs d'opéras célèbres de Rossini (un peu) et Mozart (beaucoup). Cela fera un malheur dans les jeux des radios classiques ("de qui est cette œuvre et citez les airs d'opéras qui y sont inclus") et c'est encore plus plaisant à écouter. Pour la peine, Ehnes troque son violon contre un alto... et il s'en débrouille aussi bien.