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HEINRICH IGNAZ FRANZ BIBER
Les Sonates du Rosaire

Patrick Bismuth (violon)

La Tempesta


Zig Zag- ZZT040801-2(CD)
Référence: Goebel (Archiv)

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Il y a quelques années, le violoniste français Patrick Bismuth enregistrait, chez STIL, les Sonates pour violon et clavecin ainsi que les Sonates et partitas pour violon seul de Bach. Peu médiatisés, ces disques sont étonnants à plus d'un titre. La lecture décapante des sonates, le sens inné quoique démonstratif des phrasés, l'incroyable élan donné aux mélodies allié à un sens rythmique quasi rhapsodique, obligeaient à une réécoute attentive des autres grandes versions dites baroques. Il n'empêche, aujourd'hui encore, cette vision personnelle et inclassable demeure passionnante et ne trahit en rien l'écriture de Bach, surtout dans les Sonates et Partitas. On ne pouvait donc qu'attendre avec impatience ce que le musicien allait faire des Sonates du Rosaire de Biber, l'autre œuvre phare du répertoire baroque pour violon seul.

Le résultat est captivant: cette lecture traque les innombrables traits de modernité qui transparaissent dans chacune des Sonates pour les resituer dans un saisissant discours musical extraverti. La virtuosité requise, sans faille, n'est pas la première qualité (et quelle qualité!) qui séduit d'emblée. C'est bien plutôt le sens de la dynamique rythmique, l'acuité de la mise en perspective des contrastes entre les grands passages cadentiels (qui voient déferler, sous la forme de longs traits-fusées, d'abondants colliers de notes ornementales) et les passages plus lents qui sidèrent. À ce titre, on se régalera de la Sonate 15, exemplaire à tout point de vue.

Dès la première Sonate (cf. l'adagio qui suit l'aria), Patrick Bismuth installe un climat fascinant qui est la marque la plus prégnante de cet expressionnisme baroque qu'il fait sien. Sa lecture versée au verbe grâce à ce sens narratif inné que l'on avait déjà apprécié dans les Sonates et Partitas de Bach, est en ce sens d'une intégrité parfaite. Le style concertant, obtenu par une recherche des contrastes de couleur entre chacune des cordes du violon, et qui requiert, on l'imagine bien, une fabuleuse dextérité, s'impose comme une évidence naturelle. Le violoniste explore les possibilités les plus extrêmes de son instrument, il les resitue au sein de son discours comme s'il s'agissait une savante mise en scène. La Passacaille finale est pure jubilation, et permet d'apprécier la finesse du jeu et la précision époustouflante du doigté.

L'aspect dramatique s'impose plus que la recherche d'une quête spirituelle. Aux couleurs chatoyantes de Goebel (Archiv), l'autre grande version de référence de ces Sonates, à l'opulence de Gunar Letzbor (Arcana), Patrick Bismuth a choisi de se tenir à distance de toute esthétisation pour redonner vie et vigueur à ces figures de rhétoriques musicale sans que la part poétique et sensible soit annihilée pour autant.

--Sylvain Gasser

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