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GUSTAV MAHLER
Symphonie n° 9


Orchestre Royal du Concertgebouw d'Amsterdam

Riccardo Chailly

Decca- 2 SACD 475 6191(SACD)
Référence: Klemperer (EMI); Bernstein (DG); Boulez (DG)

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Cela n'a pas tardé: dès l'entrée des 2e violons, avec ce vibrato susurré sur la 1re note, j'ai été étreint par l'émotion. Cette émotion noue la gorge au solo de cor anglais qui suit et à l'écoute du rubato qui mène à la première entrée des 1ers violons. Cette émotion ébranle, quand on entend, partout ailleurs, cet extraordinaire orchestre célébrer une vision majeure de la Neuvième Symphonie de Gustav Mahler.

Oui, comme dans la Troisième Symphonie, Riccardo Chailly a trouvé non pas une clé (l'esprit de la version Klemperer), deux clés (les mouvements 1 et 4 de Giulini) ou trois clés (les mouvements 1, 2, 3 de Boulez) de l'univers de la Neuvième, mais tout le trousseau ouvrant les portes à une véritable révélation interprétative. Moins cinglante que celle de Klemperer, mais infiniment plus constamment éclairée et évidente que tant d'autres, même exceptionnelles (Karajan et Giulini au premier chef), la Neuvième par Riccardo Chailly explore les confins du langage mahlérien, ceux dans lesquels les sons peuvent se distordre et le temps se dilater (écoutez ce monde grouillant et mystérieux, à partir de 9'05 dans le 1er mouvement, qui ne s'ouvre qu'à la modulation).

Il est difficile de décrire le miracle accompli une fois de plus par le chef italien. Sa Neuvième marche sur les traces de celle de Bernstein, à Amsterdam également (un 1er mouvement en 30'29, un Finale en 28'24), mais avec, à l'intérieur de ces tempos mesurés, une sensation d'avancée inéluctable. Car Chailly est de ceux, rares aujourd'hui (demandez donc cela à Rattle ou Thielemann!), qui sont capables de soutenir intellectuellement et musicalement une vaste architecture.

Plus encore que Bernstein, Chailly souligne l'étrangeté de l'univers du Mahler tardif. Il parvient à donner une coloration très particulière (écoutez l'engagement des clarinettes, un pupitre tout simplement hallucinant) et souvent déchirante aux timbres, atteignant ainsi un idéal d'évocation timbrique que le London Philharmonic ne put jamais offrir à Klaus Tennstedt, pas plus que le Philharmonia à Klemperer et encore moins le Philharmonique de Berlin à Bernstein et Barbirolli, voire à Karajan par deux fois.

Non seulement la dualité entre l'espoir et la fatalité (le seul traitement de la partie de tam-tam est un mini chef-d'œuvre: écoutez sa contribution à la coloration de l'un des passages les plus marquant du disque, dans le 1er mouvement à partir de 20'04), mais aussi la diversité très marquée entre les mouvements et la qualité du traitement des percussions sont des éléments qui entreront dans l'histoire de la discographie mahlérienne.

Chailly a choisi la 9e Symphonie pour conclure son intégrale discographique, mais aussi pour son programme d'adieu au Concertgebouw. À l'heure où il s'en va à Leipzig, il est notable que le miracle de ce chef, dont la nomination surprise à Amsterdam avait d'abord fait sourciller, est, au bout de ce chemin, d'avoir non seulement préservé, mais développé les qualités intrinsèques d'un orchestre mythique. "Le Concertgebouw", à en juger par la récente 3e Symphonie et cette 9e, sonne aujourd'hui avec une chaleur et une personnalité que je ne trouve nulle part ailleurs.

Chapeau bas, très bas, Monsieur Riccardo Chailly. Ce que vous avez accompli, et pas seulement dans ce disque, est grand!

--Christophe Huss

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