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EINOJUHANI RAUTAVAARA
Concerto pour violon; Symphonie n° 8

Jaako Kuusisto (violon)

Orchestre symphonique de Lahti

Osmo Vänskä

BIS- BIS CD 1315(CD)
Référence: ce disque-ci

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Même si la Symphonie n° 8, "Le Voyage", a été publiée récemment, en 1999, l'enregistrement de Vänskä n'en est pas le premier, puisque Leif Segerstam l'a déjà gravée pour Ondine dans un disque paru en 2001. Le Concerto pour violon se retrouve également chez Ondine sous la même direction, avec Elmar Oliveira en soliste, dans un couplage différent (Angels and Visitations).

La richesse et la substance de l'œuvre de Rautavaara est attestée par la juxtaposition de ces approches interprétatives, toutes deux valides. Un chef qui se penche sur cette musique touchée par la grâce est forcément concerné par elle: comme il n'y a pas vraiment de "mauvaise version" du War Requiem de Britten ou de The Age of Anxiety de Bernstein, car les chefs qui enregistrent de telles œuvres ont accompli un parcours volontaire avec elles, les approches existantes de Rautavaara sont pertinentes et légitimes. Je dois cependant avouer un penchant personnel pour le disque BIS.

Ce penchant est marqué dans le cas du Concerto pour violon (1976-1977) un chef-d'œuvre absolu. Le jeu très fin, parfois immatériel, de Kuusisto rapproche le "Tranquillo" initial des atmosphères du Concerto à la mémoire d'un ange de Berg, alors que l'abord plus factuel d'Elmar Oliviera l'inscrit davantage dans un univers proche du 1er Concerto de Prokofiev. Plus patient, plus magique dans ses jeux de sonorités, jamais brutal dans le mordant du 2e mouvement ("Energico") le tandem Kuusisto-Vänskä atteint un état de grâce et convainc définitivement l'auditeur de l'importance de cette oeuvre dans le répertoire pour violon et orchestre du XXe siècle.

Ce "son Rautavaara" trouvé par Vänskä marque l'interprétation de la Symphonie, beaucoup plus nuancée et mystérieuse. Dès les premières mesures il nous entraîne dans un monde étrange, un temps suspendu, qui n'a rien à voir avec l'approche plus terre à terre de Segerstam. Osmo Vänskä est, là, fidèle à sa légende, avec des pianissimos magiques, et un travail remarquable sur les tensions harmoniques des violons. Il même très efficacement la grande préroraison finale sur un motif qui rappelle de loin la Grande Pâque Russe de Rimski Korsakov.

On n'insistera jamais assez sur l'éminence d'Einojuhani Rautavaara dans la musique de notre temps. Puissent les institutions orchestrales, à l'esprit créatif obnubilé par leur inculture en matière de répertoire et leurs énièmes intégrales Beethoven, Brahms ou Mahler, relayer davantage auprès de leur public le message de ce grand créateur.

--Christophe Huss

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