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FRANCISCO MIGNONE
Festa das Igrejas; Sinfonia Tropical; Maracatu de Chico Rei (ballet)


Orchestre symphonique de São Paulo

John Neschling

BIS- BIS CD 1420(CD)
Référence: ce disque-ci

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Quelle fiesta sud-américaine! Parallèlement au disque chambriste du Mexicain Silvestre Revueltas chez Channel, voici le disque symphonique d'un compositeur brésilien délirant, Francisco Mignone (1897-1986). Avec la révélation des Apparitions fantastiques de Braunfels, ce début de 2005 s'amorce donc fort bien pour les amateurs de découvertes.

Si l'œuvre de Braunfels s'inscrit dans une sphère imprégnée par Richard Strauss, les compositions de Mignone sont des pendants sud-américains de la musique de Respighi. En une phrase: si vous trouvez la musique de Respighi bruyante et vulgaire, inutile de lire la suite. Si, par contre, si vous aimez le symphonisme démiurgique (et notamment Belkis, Reine de Saba ou les Fêtes romaines du compositeur italien) ce disque est véritablement incontournable. Il y a aussi des allures de "Danse nègre" d'Aladdin de Nielsen dans les "inspirations noires" du compositeur brésilien. Le moment le plus exalté du CD, la plage 14, la "Libération des esclaves" concluant le ballet Maracatu de Chico Rei, évoque d'ailleurs à la fois cette Danse nègre, les Fêtes romaines de Respighi et la Cantata criolla d'Estevez.

Avant de détailler le contenu artistique, il me faut signaler que le 10 technique sanctionne ici un véritable disque de démonstration, avec un orchestre parfaitement étagé, des timbres justes et une dynamique renversante. Et puisqu'on en est aux aspects extra-musicaux, il faut également évoquer l'érudition impressionnante de la notice de présentation.

La veine respighienne de la musique de Mignone n'est pas fortuite, Mignone, fils d'immigrants italiens, a bénéficié d'une éducation musicale largement italienne et vécut dans la péninsule de 1920 à 1929. Il avouait une admiration inconditionnelle pour Puccini, d'où son sens très spontané de la mélodie. Même si on retrouve un "environnement musical" typique de la 1re moitié du 20e siècle et une maîtrise de l'orchestration qui rappelle Granville Bantock, l'art de Francisco Mignone n'est pas un fade décalque de quoi que ce soit, ne serait-ce que par son identité sonore franchement sud-américaine.

Festa das Igrejas (Fête des églises) a été composé en 1940. C'est la partition la plus uniment respighienne des trois présentées dans ce disque, par le sujet et son type de traitement: 25 minutes d'impressions symphoniques sur des églises brésiliennes, articulées en quatre tableaux. Inutile d'aller chercher des parallèles trop loin... Les qualités mélodiques, expressives, ainsi que le maniement de l'orchestre par Mignone (avec un renfort notable de l'orgue dans le Finale) et l'efficacité dramatiques sont les marques d'un grand art d'orchestrateur.

La Symphonie tropicale en un mouvement de 19 minutes (1958), est de la même obédience, mais plus riche d'influences. Le début évoque de toute évidence l'Oiseau de feu de Stravinsky, alors que l'ombre de Villa-Lobos se profile davantage que dans les deux autres partitions. On trouve même du simili-Puccini dans un passage lent central. Là aussi, l'agencement est parfait et le sens inné de la progression amène Mignone à un finale exaltant.

Maracatu de Chico Rei (1933), un ballet choral décrivant la construction d'une église par des esclaves noirs, illustre, si l'on suit l'analyse de Jorge Coli dans la notice, un élément important de la première phase créatrice de Mignone, élément joliment appelé "negrismo musical" par Mario de Andrade, théoricien de la musique brésilienne. Le traitement choral est largement fondé sur des onomatopées (comme dans Daphnis et Chloé). Entre une force primaire qui doit beaucoup à Respighi (dès l'entrée en matière) et une veine mélodique qui aurait pu trouver des échos au cinéma (cf. Danse du Roi Chico), Mignone explore un large éventail de sentiments dans une partition de 28 minutes flamboyante que l'on écoute et réécoute avec un plaisir immense.

Un très grand disque spectaculaire et exaltant, servi par des interprètes exemplaires. L'année 2005 devra être très riche pour surpasser une découverte de ce calibre.

--Christophe Huss

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