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LUDWIG VAN BEETHOVEN
Symphonies n° 4 et 5


Orchestre du Minnesota

Osmo Vänskä

BIS- BIS-SACD-1416(SACD)
Référence: En SACD: celui-ci. En CD: Kleiber (Orfeo; 4e); Maazel-Berlin (DG; 5e)

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Les chefs ayant enregistré les symphonies de Beethoven ces dernières années s'étaient fait en quelque sorte les camelots sonores de la nouvelle édition Bärenreiter, exagérant largement (sur le papier et dans leurs prétentions) les modifications induites par la révision des partitions et dont la principale est l'utilisation des sourdines aux violons dans le 2e mouvement de la Pastorale. Je ne dis pas là que le travail de Jonathan Del Mar est mineur: c'est une nouvelle référence, à laquelle Osmo Vänskä se conforme aussi. Mais de là à dire, comme ce fut le cas quand parut l'intégrale Rattle, que cette édition ouvre la voie à une nouvelle génération d'interprètes il y a un pas (de marketing de forain) que je ne franchirai évidemment pas.

Comme on pouvait s'y attendre, le premier grand interprète suivant cette édition critique est le premier qui ne se targue pas de l'utiliser! Car sous la baguette d'Osmo Vänskä on entend mieux qu'ailleurs toutes les finesses et nuances, sans que ces finesses ne deviennent une fin en soi. De ce point de vue, Vänskä est un chef au moins aussi rigoureux que David Zinman (Arte Nova) mais il est brûlant et humain partout où Zinman était froid et désincarné. Un dernier mot pour situer cet enregistrement: je suis particulièrement heureux de voir un chef, qu'on va finalement quand même pouvoir qualifier de "génial" si de tels succès se multiplient hors du répertoire finlandais, faire avec l'Orchestre du Minnesota la nique à tous les Rattle-Vienne et Abbado-Berlin de ce monde. Leurs "gimmicks", leur irrégularité, leurs effets de manche, leur manque de détermination ne pèsent rien face à l'intelligence supérieure qui guide ces interprétations lumineuses et imparablement logiques.

Si deux noms viennent à l'esprit en écoutant les 4e et 5e de Beethoven par Vänskä ce sont ceux de Carlos Kleiber et Daniel Barenboïm: le premier pour son énergie motrice, ce sens du flux que rien ne peut arrêter; le second pour la complétude et l'aboutissement de la vision. La prouesse est d'autant plus grande que Barenboïm a gravé son intégrale après plusieurs années passées à Berlin, alors que Vänskä réussit son coup de maître dès son arrivée auprès de l'Orchestre du Minnesota.

L'interprétation des extraits de Peer Gynt dans le coffret édité par cet orchestre témoignait du fait que Vänskä avait déjà bien en main sa nouvelle phalange. Ces Beethoven le confirment: le chef finlandais organise à la perfection la circulation des thèmes musicaux entre les pupitres et obtient de tous les musiciens une discipline absolue: les notes sont tenues sur leur exacte longueur (cf. la flûte dans le Finale de la 5e), la ronde puissance des cordes graves soutient les partitions comme aux grandes heures de la tradition allemande. Et pourtant, tout cela est frais, moderne, énergique.

Je ne dis pas que Vänskä balaie la discographie de ces œuvres: ce serait totalement stupide et déplacé. Mais une chose est sûre: il ne pâlit pas par rapport à deux références majeures (Kleiber pour la 4e et Maazel-Berlin dans la 5e) auxquelles on peut se reporter. La 4e est quasiment parfaite et ne cède en rien à Kleiber, avec même davantage de richesse polyphonique (cf. le traitement des cuivres, discret mais présent, dans le mouvement lent) et un premier mouvement tout aussi imparable (seul le 3e, moins ludique, est en-deçà). La 5e est moins adrénergique que celle de Maazel dans son 1er mouvement, mais celui-ci (comme celui de Barenboïm) tient fort bien en haleine pour la suite. Tout cet Opus 67 est en effet construit en gradation, même s'il franchit un indéniable pallier dans un 3e mouvement, pour lequel, du coup, je ne me souviens pas avoir entendu mieux ailleurs.

Vänskä n'utilise d'aucun subterfuge, n'accapare pas la musique, ne prétend rien (amateurs de "l'art" de Monsieur Rattle, écoutez ce disque, s'il vous plaît!). Il a réfléchi, relu tant et plus ses partitions et les a travaillé en détail avec un orchestre qui lui donne tout. Relayé par une prise de son et un SACD de démonstration cela donne un très grand disque symphonique que l'on ne peut guère noter autrement que 10/10.

--Christophe Huss

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