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JOHANN STRAUSS FILS
Die Fledermaus

Thomas Allen (Eisenstein); Pamela Armstrong (Rosalinde); Lyubov Petrova (Adele) Håkan Hagegård (Falke); Pär Lindskog (Alfred); Malena Ernman (Prince Orlofsky); Artur Korn (Frank); Ragnar Ulfung (Blind); Renée Schüttengruber (Ida); Udo Samel (Frosch)

The Glyndebourne Chorus; Orchestre philharmonique de Londres

Vladimir Jurowski

BBC - Opus Arte- 2 DVD OA 0890D(DVD)
Référence: en DVD: celui-ci

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On attendait une nouvelle Chauve-souris en vidéo. L'œuvre n'a jamais connu de captation vraiment satisfaisante, puisque la représentation dirigée par Carlos Kleiber (DVD DG) souffre de la prestation pathétique d'un Eberhard Wächter en état de délabrement vocal plus qu'avancé. Les deux spectacles de Covent Garden (Te Kanawa, Prey, Luxon en 1983, une VHS viellie, et Gustavson, Otey, Michaels-More de 1990, un DVD Arthaus en anglais) n'ont pas réussi à s'imposer et on ne dira rien ici (pas de place à perdre) de l'immondice commise par Hans Neuenfels à Salzbourg en 2001 (DVD Arthaus). La représentation du Festival de Glyndebourne 2003 a donc un boulevard devant elle... et saisit cette opportunité.

Sur le plan technique il s'agit d'un DVD à classer dans le haut du panier. L'image 16/9 bien éclairée, est parfaitement définie et intelligemment compressée (on ne constate ça et là que d'infîmes phénomènes de pompage, comme dans les scènes les moins éclairées de l'acte 2). Le son remarquable, même en multicanal, n'en rajoute pas dans l'effet. La mise en forme vidéo est également très soignée. Le seul générique, sur l'ouverture, en apprend autant -sans la moindre parole- sur ce qui nous attend que tout le triste documentaire sur l'Enlèvement au Sérail édité en même temps par BBC Opus Arte. Chose que les réalisateurs n'ont pu hélas éviter: les rires nourris du public que provoque de temps à autre la traduction en surtitrage et dont le spectateur de la vidéo est forcément exclu (c'est irritant de se dire "mais qu'y a-t-il de si drôle que je ne perçois pas?"): on ne peut qu'imaginer que la traduction affichée dans la salle "en rajoute" par rapport au texte allemand.

Le spectacle lui-même est très drôle. Stephen Lawless a tenté de ménager la chèvre et le choux, en conservant le côté bouffe mais en ne mettant pas de côté la satire sociale, qu'il recentre sur les idées de bonheur et de liberté sexuelle dans un décorum qui nous plonge dans la Vienne du début XXe siècle, celle du mouvement Sécession et de Freud (dont le Dr. Falke prend d'ailleurs l'apparence). A l'acte 2 les personnages sont littéralement en cage dans un décor très ingénieux. Les germanophones seront parfois gênés par le manque de protagonistes dont l'allemand est la langue maternelle tant la partie parlée, très développée (sauf pour le monologue de Frosch, supprimé dans le cours du spectacle et ajouté dans les sympathiques compléments) et encore plus drôle qu'à l'habitude, a été soignée et assimilée, mais apparaît tout de même un rien artificielle (les brèves intervention d'une Ida à l'accent autrichien outré sont une bouffée d'air frais).

On peut disserter à l'envi sur ce magnifique moment de théâtre, particulièrement soigné et souvent enchanteur, l'un des grands spectacles que le DVD a su nous offrir. Le tout fonctionne au même titre que la Belle Hélène de Pelly-Minkowski séduit, car le concept de Lawless est abouti, parfaitement réalisé, mais aussi parce que, dans la fosse, Jurowski tient la troupe de main de maître, par exemple dans la dualité entre musique sur scène et musique en fosse de l'acte de la soirée chez Orlofsky. Partout ailleurs (écoutez l'ouverture) il parvient, grâce à sa direction mouvante, subtile et précise (extraordinaire "scène de la fraternité" à l'acte 2 --plage 17), à ne jamais nous faire regretter Carlos Kleiber. La distribution très homogène d'artistes très investis dans le spectacle est dominée par le couple Allen-Armstrong. Chose rare, le rôle Orlofsky, est splendidement tenu par Malena Ernman, qui en rajoute cependant trop dans les dialogues. Je n'aime pas particulièrement les aigus métalliques de l'Adèle de Lyubov Petrova et Hagegård est presque à bout de souffle dans son "Brüderlein", mais c'est l'archétype de représentation que l'on prend comme telle sans ergoter sur des détails sans grande importance en regard de l'accomplissement général.

Avec La Guerre et la Paix de l'Opéra de Paris voici l'un des grands DVD de la saison.

--Christophe Huss

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