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ROBERT SCHUMANN
Dichterliebe; Lieder Op.90; Die Löwenbraut; Der arme Peter; Belsatzar


Christian Gerhaher (baryton)
Gerold Huber (piano)



RCA- 82876 58995 2(CD)
Référence: Wunderlich (DG)

rating

Curieux hasard de l'actualité discographique, qui fait se croiser dans le même répertoire schumannien deux jeunes barytons parvenant à un niveau de réussite voisin, mais avec des moyens vocaux et des conceptions qui n'ont vraiment rien de commun: Matthias Goerne chez Decca et Christian Gerhaher chez RCA.

Autant Matthias Goerne continue de disque en disque à gaspiller des trésors d'énergie pour faire oublier ses défauts vocaux patents, autant l'art de Christian Gerhaher ne trahit aucune difficulté apparente. La voix est naturelle, le timbre agréable et l'aigu éclatant (même un peu trop). Toute cette partie supérieure du registre semble émise sans difficulté, immédiatement bien placée et percutante, faisant totalement oublier les agaçants problèmes de placement de la tessiture de baryton (un aigu qui a vite tendance à rester coincé dans le masque, ou pire encore dans le nez). Bref, là où Goerne intériorise, s'interroge, se tourmente, semblant se demander avant chaque Lied si sa voix va sortir ou non, Gerhaher se contente de bien chanter, le plus clairement et le plus simplement possible, une musique et un texte.

Et il est clair que lorsqu'il s'agit d'un cycle de la densité des Amours du poète, c'est largement suffisant. Au début, on est même enchanté par l'aisance et la prestance de cette interprétation très musclée (Ich grolle nicht) qui sait ensuite se colorer de toute la gamme de sentiments qui fait les bons Dichterliebe, du désespoir rentré au sarcasme le plus aigre. On tient finalement là l'une des rares versions évidentes de ce cycle, dont la discographie recommandable reste maigre, la plupart des spécialistes du Lied n'y ayant pas vraiment brillé: Goerne a raté le sien, Hampson (version originale) dans une certaine mesure aussi, même Fischer-Dieskau y manquait de crédibilité. On atteint même ici de l'évidence de la version Wunderlich, ce qui n'est pas un hasard, Gerhaher se rapprochant parfois de la limpidité de registre (mais aussi de la moindre expressivité du timbre) d'une voix de ténor. Aucun problème du côté du pianiste, très professionnel, un rien neutre mais sans reproche (on croirait parfois entendre Helmut Deutsch, ce qui situe bien le niveau).

Reste le problème du long terme, et là le tableau est plus flou. Le disque de Gerhaher semble bien long, avec de multiples compléments dont il ne parvient pas à faire efficacement le tour. Il lui faudrait pour cela davantage de bouteille, toute une panoplie de trucs de vieil acteur qui sait tenir son public en haleine. Son Arme Peter est assez plat, et Belsatzar n'a pas la tension que Goerne parvient à lui insuffler. Réserves pas trop gênantes dans l'immédiat, et qui sont susceptibles d'être balayées par la suite, alors que Goerne risque surtout de plafonner, pris au piège du romantisme noir dans lequel ses limites techniques finiront par l'emprisonner. Il y a chez Gerhaher un vrai potentiel (attesté aussi dans Carmina Burana avec Simon Rattle) qui mérite d'être salué par un 10/10 encourageant.

--Laurent Barthel

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