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JOSEPH HAYDN
Symphonies n° 91 et 92. Scène de Bérénice "Berenice; che fai?"

Bernarda Fink (mezzo)

Orchestre baroque de Fribourg

René Jacobs

Harmonia Mundi- HMC 901 849(CD)
Référence: Dorati (Decca); Brüggen (Philips)

rating

Avec la même bonne foi on pourra dire tout et son contraire sur ce disque. Des mélomanes entendant la même chose en arriveront à des conclusions très différentes. Alors le rôle du critique, même en distinguant cette parution, est de prévenir ceux à qui il risque de ne pas plaire.

Si vous aimez les enregistrements Haydn moelleux de Colin Davis à Amsterdam et André Previn à Vienne et que, a contrario, vous n'avez strictement aucune affinité avec ce qui peut ressembler à un instrument ancien, passez votre chemin. Si vous pensez que Harnoncourt a détruit Haydn plutôt qu'il ne l'a revivifié, cliquez sur une autre chronique de disque. Si vous imaginez, enfin, l'enregistrement comme une relique précieuse où doit dominer la sobriété et la mesure, vous faites fausse route en lisant la suite.

Connaissez-vous la Symphonie Militaire de Haydn par Hermann Scherchen? Vous aimez? Vous avez été bien en peine depuis 50 ans de trouver l'équivalent, le plus approchant étant Thomas Fey avec, au sein de quelques disques Haydn tous recommandables, sa 88e Symphonie au révolutionnaire Menuet. Eh bien voilà: René Jacobs m'a donné ici le plus grand frisson symphonique haydnien depuis Scherchen! Comme Scherchen (qui n'a pas enregistré à ma connaissance ces deux symphonies), Jacobs semble considérer qu'une vie sans prise de risques ne vaut pas d'être vécue et il pousse ce raisonnement jusqu'au bout dans un Finale de Symphonie n° 92 au bord de l'explosion. Les détracteurs de Jacobs s'attarderont sur le fait que le chef frise maintes fois la brutalité dans Haydn, par exemple dans ce mouvement conclusif, dans lequel les percussions sont un peu surdosées et viennent couper les cordes. C'est vraiment "la" critique légitime qu'on peut faire à Jacobs et de votre degré de tolérance vis à vis des intrusions de la verticalité dans le flux mélodique dépendra votre appréciation du CD.

Pourtant, quand on écoute (et réécoute) ce disque, ce qui frappe le plus c'est l'imaginaire sonore hors du commun du chef: de discrètes touches de pianoforte par-ci par-là (l'élément le plus magique de ce CD), des mises en relief de violoncelles dans le Finale de la 91e, des jeux "sul ponticello" contribuent à colorer le message musical de mille facettes. Oui, c'est un Haydn exigeant et certainement pas de tout repos, mais il célèbre un créateur entreprenant et passionné, qu'on a trop souvent vu en papy embourgeoisé (ses lettres pleines d'esprit témoignent du fait qu'il était tout sauf cela).

La scène de Bérénice intercalée entre les deux symphonies est un pur moment de magie, Bernarda Fink gagnant une étoffe dramatique qu'on ne lui connaissait pas à ce point, tout en préservant sa qualité vocale hors du commun.

Un grand disque qui pourra choquer, mais balaie pas mal de préjugés et fait fi de la routine.

--Christophe Huss

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