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JOHANN SEBASTIAN BACH
Sonates pour violon et clavecin (I): Sonates BWV 1014; 1015; 1016; 1017

James Ehnes (violon); Luc Beauséjour (clavecin)



Analekta- AN 29829(CD)
Référence: Biondi-Alessandrini (Opus 111)

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On ne peut être que saisi par l'affiche proposée par la discographie des Sonates pour violon et clavier de Bach: Kuijken-Leonhardt (DHM), Goebel-Hill (Archiv), Podger-Pinnock (Channel), Van Dael-Van Asperen (Naxos), Frisch-Valetti (Alpha); Biondi-Alessandrini (Opus 111), Holloway-Moroney (Virgin) et dans une autre obédience esthétique, Suk-Ruzickova (Supraphon) ou Laredo-Gould (Sony), voire, pour les "fans", Schneiderhan et Richter (DG, celle-là il faut aimer; tant qu'à faire on préfère Szeryng-Walcha ou Grumiaux-Jaccottet quand même).

Dans le cadre de l'édition Bach de Haenssler, Dmitri Sitkovetski et Robert Hill avaient tenté avec succès l'alliance du violoniste de "tradition romantique" et du claveciniste expert en musique ancienne. Autre expérimentation fascinante, celle de Martin Gester et Alice Pierot, avec violon et orgue (Accord), démarche donnant la parole principale au clavier, mais entraînant intrinsèquement une légère inertie. Les meilleurs choix à mon sens sont Biondi-Alessandrini (Opus 111), même si j'ai un faible pour Pierot-Gester. Mais Pierot-Gester ne tient objectivement plus face au nouveau disque de James Ehnes et Luc Beauséjour.

Ce premier volume d'une intégrale, dont le second volet sera fort attendu, réunit à mon sens tout ce dont le mélomane discophile peut rêver. Un son de violon sublime, joué par un violoniste au fait du langage baroque (comme Mullova) mais toujours soucieux du grain sonore. Un claveciniste au jeu limpide qui sait trouver par instinct une balance "idéale" avec son partenaire. Ehnes et Beauséjour se démarquent par cette alliance intelligente entre esthétisme et style, mais aussi par cette balance. On est loin, très loin du clavecin crépitant et du violon crin-crin. Quel que soit le bien que l'on pense par ailleurs d'artistes tels que Goebel et Hill ou Kuijken et Leonhardt, il faut quand même avouer que, dans l'immense majorité des cas, les Sonates pour violon et clavecin, "y faut avoir envie"!

L'équilibre "idéal" de Beauséjour et Ehnes n'est pas indiscutable; il peut prêter à débat. Dans les Sonates pour violon et clavecin, le violon, plus que soliste, est un élément d'un triangle qui le met à égalité avec la main droite du claveciniste, dont la main gauche joue en quelque sorte la basse continue. On est ici à l'extrême limite admissible de la "sonate pour violon et clavecin", plutôt que de la "sonate pour clavier et violon". Mais, avec Ehnes et Beauséjour ce choix passe en souplesse et en beauté et dans certains passages-clé (Adagio de la BWV 1017), James Ehnes sait, avec bonheur, se mettre en retrait.

Dans la magique Salle Françoys-Bernier du Domaine Forget, l'équivalent de l'Arsenal de Metz en France, a été enregistré, paisiblement et dans une aura de bonheur musical palpable (qu'on n'avait pas entendu chez Ehnes depuis bien longtemps), le premier volet d'une intégrale qui change les perspectives de la discographie des Sonates pour violon et clavecin de Bach. Chapeau bas!

Attention: ce disque, paru en Amérique du Nord le 15 février sera disponible en France le 14 avril 2005.

--Christophe Huss

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