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FRANZ SCHUBERT
Die schöne Müllerin

Ian Bostridge (ténor); Mitsuko Uchida (piano)



EMI- 5 57827 2(CD)
Référence: Fischer-Dieskau/Demus (DG); Wunderlich/Giesen (DG)

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Je n'ai pas eu jusqu'à présent de grandes affinités avec Ian Bostridge dans le domaine du lied allemand, où il a souvent fait preuve d'une affectation qui ne me touchait guère.

Il reste dans cette Belle Meunière quelques zestes de "non germanité" qui, sans que jamais son interprétation soit "exotique", apparaissent dans quelques recoins de phrases dans lesquels la prononciation devient un peu molle. Mais ces manifestations sont extrêmement négligeables (d'ailleurs Bostridge réussit Der Jäger, ce qui dit tout) et, une fois Wunderlich/Giesen mis hors concours, je ne connais pas de version pour ténor qui puisse se approcher celle-ci.

La voix de Bostridge est en effet parfaitement timbrée et colorée pour ce cycle, avec une légère teinte cuivrée qui donne un patine et un "substrat" que des voix plus claires ne peuvent avoir. Ces dernières génèrent vite l'ennui; Bostridge jamais. Le ténor anglais a ensuite épuré son expression, n'en faisant pas trop, tout en se posant en narrateur à l'égal de Mitsuko Uchida. Malgré quelques rares coquetteries (un "gute Nacht" imprécateur dans Am Feierabend; le début de Tränenregen), l'investissement du conteur Bostridge va dans le bon sens, soutenu par une projection vocale tout simplement parfaite (écoutez "Mein!", plage 11, qui peut faire mieux?). Il maîtrise à merveille Eifersucht und Stolz et les ressorts dramatiques et vocaux de Die böse Farbe. Il réussit même un "O Bächlein meiner Liebe" (dans Der Neugierige) presque aussi beau que celui de Fischer-Dieskau/Demus.

Mais il y a encore plus étonnant. Il ne faut en effet pas longtemps à n'importe quel auditeur censé pour comprendre que nous sommes en face du plus extraordinaire accompagnement pianistique de Belle Meunière jamais gravé au disque. Si ce n'est pas évident pour vous dans le premier lied, au pire dans les premières secondes de "Wohin?" vous devriez vous rendre compte de ce qui se passe ici. Je ne sais comment cette finesse, cette tendresse et ce sens dramatique ont influé l'adhésion que je ressens soudain pour un Schubert de Bostridge, alors que ses lieder accompagnés par Andsnes ne me touchent pas au même point. Mais les faits sont là, on écoute ce cycle bouche bée et on se le repasse en boucle.

Ce qu'Uchida a toujours su magnifier dans Schubert c'est l'idée de parcours, l'évolution d'une œuvre (écoutez sa Sonate D. 960 chez Philips). Appliqué à un cycle de 20 mélodies, avec chacun une richesse climatique propre, vous imaginez le velours sur lequel Bostridge pose sa voix: les trois derniers lieder sont tout simplement sidérants, bouleversants (même si c'est là qu'on trouve les colorations "verbalo-vocales" les plus inattendus). Voilà un tandem magique que l'on espère réentendre au disque. Ce premier essai est un coup de maître. Après le Schumann de Gerhaher chez RCA, les amateurs de Lieder sont gâtés.

--Christophe Huss

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