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BÉLA BARTÓK
Concerto pour orchestre; Suite de danses; Chants paysans hongrois


Orchestre philharmonique National de Hongrie

Zoltán Kocsis

Hungaroton- HSACD 32187(SACD)
Référence: Bernstein (Sony); Ancerl (Supraphon)

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Zoltan Kocsis, en plus d'être un pianiste parmi les plus importants de notre temps, s'adonne à la composition et à la direction d'orchestre. Sachent qu'il est le directeur artistique de l'Orchestre philharmonique National de Hongrie (l'ancien Orchestre d'Etat Hongrois) depuis 1997 il est logique qu'Hungaroton consacre son premier SACD au Concerto pour orchestre de Bartók sous sa direction, un programme complété par la Suite de danses et les deux Chants paysans hongrois.

Dans son préambule, Kocsis en appelle à la mémoire de Janos Ferencsik. Cette révérence est touchante, mais Kocsis n'a pas à positionner son orchestre par rapport à une tradition ou, intrinsèquement, par rapport à la concurrence fortement médiatique de l'Orchestre du Festival de Budapest dirigé par Ivan Fischer. Son disque, convaincant (ô combien) en tant que tel, n'a ni besoin de parrainage intellectuel ni de positionnement.

Comme à son habitude lorsqu'il est au piano, Kocsis "dégraisse" la musique. Son Concerto pour orchestre, qui met un temps à séduire (en fait le temps du premier mouvement: à la réécoute on y remarquera que l'absence de grandiloquence et de théâtralité, c'est-à-dire la totale logique par rapport à ce qui suit). A partir du Giuoco delle coppie (2e volet) les choses sont plus faciles à comprendre. Zoltan Kocsis va droit, stimule les échanges entre les instruments dans une netteté rythmique implacable. Aucune indulgence dans les fins de phrases, dans lesquelles tant de chefs ménagent des transitions factices, aucun relâchement dans la menée du mouvement: écoutez l'intervention des cors (2'47, chiffre 147 de la partition); c'est très exactement ça.

L'Elégie est prenante par le côté grouillant des interventions et le ton lapidaire, sans aucune surchage "émotionnelle". Cette détermination rigoureuse mène également les deux derniers mouvements. Dans le second thème de l'Intermezzo, Kocsis réussi tout ce qui nous avait convaincu dans ses prestations pianistiques bartokiennes: nous convaincre que le ton et le tempo que nous n'attendions pas est le bon. En un mot comme en cent, Kocsis dépoussière le Concerto pour orchestre avec justesse, tact et science (suivre son interprétation avec la partition ajoute le plaisir intellectuel au plaisir des sens).

Changement de climat avec les compléments et notamment la Suite de danses, dans laquelle prime la caractérisation à outrance. Kocsis va très loin dans le culte de la carrure rythmique et du soin de la couleur (écoutez le 2e mouvement, Allegro molto). Jamais la quête d'un tempo frénétique ou d'une esbroufe ne viendra contrecarrer cette véritable orgie sonore, âpre et sublime.

Zoltan Kocsis a donc réussi son coup, de même que Hungaroton qui nous livre avec son premier SACD un produit abouti dans lequel l'écoute du CD stéréo, comme l'écoute du SACD multicanal provoque un égal plaisir. Le choix esthétique est de restituer naturellement l'acoustique ample et chaleureuse de l'Institut italien de Budapest. Le chargement des voies arrières n'est pas anodin (nettement inférieur que sur les SACD PentaTone, heureusement) mais ne trouble pas la perception du message musical. Un grand accomplissement artistique, donc

--Christophe Huss

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